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Tallinn

Tallinn est une capitale hanséatique fortifiée où la vieille ville médiévale classée à l'UNESCO côtoie le quartier bohème de Kalamaja, le Kadriorg des tsars et le littoral balte.

Lieux à Tallinn

Tallinn est cette rare capitale européenne où la ville médiévale n'est pas un quartier-musée mais le centre vivant : un port hanséatique fortifié sur le golfe de Finlande, dont les rues de calcaire, les maisons de guildes et les tours des XIIIe–XVIe siècles lui ont valu une place sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1997. Elle est assez compacte pour traverser la vieille ville en une matinée, et pourtant si stratifiée — château danois, marchands allemands, tsars russes, occupation soviétique, république numérique — que chaque porte et chaque tour a une histoire qui mérite qu'on s'arrête. C'est ainsi que cette ville s'explore le mieux : à son rythme, un audioguide à l'oreille, en laissant chaque monument raconter son propre chapitre à mesure qu'on l'atteint.

Commencez par Vanalinn, la vieille ville elle-même, et laissez les deux moitiés de la cité se présenter. La ville haute, sur la colline de Toompea, appartenait aux évêques, aux chevaliers et aux souverains ; la ville basse, en contrebas, aux marchands. La tension entre les deux a façonné tout ce que vous verrez.

La place de l'Hôtel de Ville et la ville des marchands

La ville basse se rassemble autour de Raekoja plats, la place pavée qui accueille depuis des siècles marchés, fêtes et un célèbre marché de Noël. Sa pièce maîtresse, l'Hôtel de Ville de Tallinn, fut construit en 1402–1404 et reste le seul hôtel de ville gothique subsistant en Europe du Nord ; la girouette Vieux Thomas sur sa flèche est la mascotte officieuse de la ville. De l'autre côté de la place, la Pharmacie de l'Hôtel de Ville délivre des remèdes depuis le Moyen Âge et compte parmi les plus anciennes pharmacies d'Europe en activité continue — on peut encore y acheter du massepain et visiter son petit musée. À quelques pas, le Passage Sainte-Catherine est la ruelle la plus atmosphérique de la ville, une étroite allée d'ateliers d'artisans glissée sous les contreforts d'une église dominicaine en ruine.

Toompea : la colline du château et ses panoramas

Gravissez la courte rampe pavée de Lühike jalg et vous voilà dans une autre juridiction. Le château de Toompea se dresse sur le site conquis par les Danois en 1219 ; sa tour Long Hermann s'élève à 46 mètres et arbore le drapeau estonien depuis 1884, et derrière sa façade baroque rose siège le Riigikogu, le parlement d'Estonie. En face, les bulbes de la cathédrale Alexandre-Nevski sont une affirmation délibérée du pouvoir tsariste, érigée à la fin du XIXe siècle sur le site le plus en vue de la ville. Suivez le bord de la colline jusqu'à la plate-forme panoramique de Kohtuotsa pour la carte postale : toits rouges, clochers et la baie au loin — un bon endroit pour mettre l'audioguide en pause et simplement regarder.

Remparts, tours et la flèche de Saint-Olaf

L'enceinte de Tallinn est l'un des plus vastes et des mieux conservés systèmes défensifs médiévaux d'Europe, et une grande partie se parcourt encore. Oleviste kogudus, l'église Saint-Olaf, fut jadis parmi les plus hauts édifices du monde ; sa plate-forme d'observation, à 60 mètres, récompense l'étroite ascension par le plus beau panorama de la ville. Vers l'extrémité portuaire de la rue Pikk, la trapue tour à canons Grosse Marguerite gardait la porte de la mer et abrite aujourd'hui une partie du musée maritime. Côté Toompea, Kiek in de Kök — « regarde dans la cuisine », car sa garnison voyait jusque dans les foyers des habitants — relie quatre tours et des tunnels de bastions du XVIIe siècle en un seul musée des fortifications.

Kalamaja, Telliskivi et le port des hydravions

À dix minutes à pied au nord de la vieille ville, les maisons en bois de Kalamaja racontent une tout autre histoire : un quartier ouvrier du XIXe siècle, devenu le cœur bohème de la ville. Sur le front de mer, Lennusadam – Eesti Meremuuseum, le port des hydravions, remplit d'immenses hangars de l'époque tsariste de vrais bateaux, d'un hydravion et d'un sous-marin entier des années 1930. Derrière la gare, la Cité créative de Telliskivi transforme un ancien complexe industriel en galeries, street food, boutiques de design et antenne tallinnoise de Fotografiska, tandis qu'à côté Balti Jaama Turg est la halle où les habitants font vraiment leurs courses et mangent.

Kadriorg, KUMU et la nation qui chante

Le tram 1 ou 3 file vers l'est jusqu'au parc de Kadriorg, le domaine tricentenaire que Pierre le Grand aménagea autour de son palais baroque, avec étang aux cygnes, fontaines et jardins à la française. Tout au fond du parc, le Musée d'art d'Estonie (KUMU) est à la fois la galerie nationale et le centre d'art contemporain du pays. Continuez vers la mer et s'ouvre l'Esplanade des chants de Tallinn : tous les cinq ans, jusqu'à 34 000 chanteurs et 200 000 spectateurs se rassemblent sous sa grande arche, et c'est ici que la Révolution chantante de la fin des années 1980 donna sa voix à une petite nation. Au-delà s'étendent la plage de Pirita et la terrasse d'observation à 170 mètres de la tour de télévision.

Se déplacer

Le terminal des ferries, la gare et la vieille ville de Tallinn sont tous à distance de marche les uns des autres, et trams et bus rejoignent Kadriorg, Pirita et le musée de plein air en quelques minutes. La Tallinn Card combine l'entrée des musées et les transports publics gratuits. Les hivers sont sombres et enneigés, les étés baignés d'une lumière presque sans fin — dans tous les cas, un audioguide vous laisse suivre l'histoire de la ville au rythme que permet la météo.