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Itinéraire

Lisbonne reconstruite

Du Carmo au fleuve en passant par Rossio et la Baixa : une ville marquée par la destruction et le renouveau. Une courte promenade qui commence en descente.

À pied≈ 70 min2,1 km7 lieux

Itinéraire

Des jacarandas ombragent la petite place devant les ruines du Carmo, poche de calme sur la colline qui domine la ville basse, et sous eux une fontaine du baroque tardif s'abrite dans un porche de pierre porté par quatre piliers. C'est le Chafariz do Carmo, bâti en 1771 pour distribuer l'eau amenée de l'aqueduc des Águas Livres par une galerie souterraine, la Galeria do Loreto ; aujourd'hui, il ne fait plus qu'orner. La balade commence ici, en haut, et finit au fleuve. Elle quitte la place par la Calçada do Carmo, la ruelle qui dévale vers le Rossio. Pour l'instant, placez-vous dos à la fontaine : l'église gothique sans toit occupe l'autre côté de la place.

  1. Couvent des Carmes de Lisbonne

    Nef gothique sans toit conservée depuis 1755 en mémorial du séisme, abritant une exposition archéologique.

La Calçada do Carmo vous incline vers le bas entre de hautes maisons, quatre minutes de pente avec la ville basse qui s'entrevoit devant vous. En bas, vous débouchez à côté de la gare du Rossio, dont la façade néo-manuéline fut dessinée par José Luís Monteiro en 1886 et 1887 et inaugurée en mai 1891 ; cherchez les deux portes en fer à cheval entrelacées ; derrière elles, les trains arrivent par un long tunnel creusé sous la ville. Puis la place elle-même. En 1848, l'ingénieur Eusébio Pinheiro Furtado fit paver le Rossio de vagues noires et blanches, hommage à la mer que traversèrent les marins portugais. Vous êtes arrivé quand ce pavage ondulant est sous vos pieds et que la haute colonne se dresse devant vous, au centre.

  1. Place Dom Pedro IV (Rossio)

    Place pavée avec une colonne royale, jadis théâtre des autodafés de l'Inquisition et de révoltes populaires.

Le coin nord-est du Rossio s'écoule vers une place plus petite et plus simple, São Domingos, et le chemin est de deux minutes le long de la Rua do Amparo. Sur cette place, on vend la même boisson depuis 1840 : cette année-là, un Galicien, Francisco Espinheira, y ouvrit A Ginjinha, un minuscule bar qui sert la liqueur de griotte que Lisbonne appelle ginja, et la coutume n'a jamais changé. La lumière change aussi, du large balayage du Rossio à un espace resserré et ombragé, l'église en retrait sur son bord. Sa façade de pierre claire, presque nue, est à votre droite en entrant.

  1. Église Saint-Dominique

    Église baroque marquée par le feu et l'histoire, ses murs noircis délibérément laissés en témoins.

Retour à travers les vagues du Rossio et dans le quadrillage de rues droites et étroites : la Rua dos Sapateiros est la rue des cordonniers. Au numéro 225, l'Animatógrafo do Rossio ouvrit comme cinéma en 1907, et sa façade Art nouveau en bois sculpté, avec deux panneaux d'azulejos, a survécu. La montée vers la ville haute prend neuf minutes, par la Rua do Carmo. Aux premières heures du 25 août 1988, un incendie se déclara dans le grand magasin Grandella de cette rue et gagna dix-huit immeubles ; Álvaro Siza Vieira dirigea la reconstruction, presque achevée en 1999. Vous arrivez en haut, la tour de fer à vos côtés et les toits de la Baixa étalés en contrebas.

  1. Ascenseur de Santa Justa

    Tour néogothique en fonte reliant deux niveaux de rues, offrant un vaste panorama depuis son toit.

Le Chiado doit son nom à un poète du XVIe siècle, António Ribeiro, dont le surnom signifiait « grincement » ; sa statue de bronze se dresse depuis 1925 sur la place plus haut sur la colline. Vous frôlez la lisière du quartier par la Rua Garrett, sa principale rue commerçante, puis vous redescendez neuf minutes vers la Baixa. Le 5 novembre 1910, un mois après la proclamation de la République, toutes les rues d'ici qui portaient un nom monarchique furent rebaptisées, et la Rua da Prata, parallèle à la Rua Augusta, ne reçut son nom actuel qu'en 1910. Le dernier tronçon est une large rue piétonne où la lumière du fleuve grandit au bout, jusqu'à ce qu'une seule arche de pierre la ferme, son ouverture encadrant la place au-delà.

  1. Arc de triomphe de la rue Augusta

    Arc de triomphe érigé pour marquer la renaissance de la ville après un séisme catastrophique, avec vue depuis son toit.

Sous l'arche, la ville cesse d'être faite de rues. Deux minutes, pas plus : un carrefour, puis le dallage de la Praça do Comércio s'étend devant vous, des galeries à arcades jaunes sur trois côtés et le Tage qui remplit le quatrième. Sous l'arcade à votre gauche en entrant se trouve Martinho da Arcada, un café fondé en 1782 que Fernando Pessoa tenait pour son préféré. À ciel ouvert, le vent du fleuve vous atteint pour la première fois sur cette balade. Vous y êtes quand le cavalier de bronze, sur son haut piédestal, se dresse devant vous et que l'eau scintille derrière lui.

  1. Praça do Comércio

    Place au bord de l'eau reconstruite sur les ruines d'un palais royal, théâtre du dernier régicide du Portugal.

Une minute à travers la pierre ouverte jusqu'à l'eau, et la balade s'achève. À votre droite, vers l'ouest le long de la rive, le front de fleuve se prolonge jusqu'à Cais do Sodré sous le nom de Ribeira das Naus, l'ancien chantier naval : la seconde phase de sa reconstruction a ouvert en juillet 2014 et a restitué une cale sèche, la Doca Seca, près de larges marches qui descendent dans le Tage et que Lisbonne traite comme une plage fluviale, bien que la baignade soit interdite. Vous êtes venu d'une place au sommet d'une colline jusqu'au bord de l'estuaire. Deux colonnes de marbre se dressent en haut d'un escalier qui plonge droit dans le fleuve ; asseyez-vous dessus si la marée le permet.

  1. Quai des Colonnes

    Quai de marbre à deux colonnes sur le Tage, porte fluviale cérémonielle de la ville depuis le XVIIIe siècle.